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  • Cerbere

Y AURA-T-IL UN STYLE 2010’S ?



Aller, interro surprise!

Le sujet est simple: Décrivez le style 2010, notre style, notre décennie.

Alors... Par où commencer ? Trop d’images sur viennent soudain, différentes lignes, volumes, pièces et même STYLES.

Différents styles oui, parlons-en, pouvez-vous les répertorier ?

Pas facile en effet. Trop d’informations, trop de choix, trop de tout, trop de rien.

La création paraît arriver à son épuisement. On parle de re-mastérisation du vêtement, autrement dit, “remettre au goût du jour des époques passées et plus ou moins fortes en créativité”.

L’ÈRE DU VINTAGE

Au début des années 2010, on a pu constater une forte influence 1980/90.

Elle peut l’illustrer à travers le retour des plateformes, les couleurs néons, la veste de baseball américaine, la banane, le legging, le jean boyfriend... et c’est déjà beaucoup.

Dès 2012 on a vu naître une uniformisation des couleurs, elles s’assombrissent pour laisser place à des nuances de gris, puis au noir et blanc, s’installe alors une mode du minimalisme, presque le même que celui qui avait pris son essor dans les années 90, le fameux mouvement antifashion.

Ce qu’il y a de nouveau c’est que l’on transforme ce style qui incarne le refus de l’ostentatoire, en un style bling inspiré directement de la culture urbaine américaine. Les t-shirts longs, les shorts et leggings semblables aux tenues des basketteurs américains, et les chaines dorées, les bagues, les zips métalliques... Un cocktail 100 % années 90 mêlant culture hip- hop à influences japonaises. Un mélange de deux styles me direz-vous.

Cela fait maintenant deux ans que nous baignons dans un remake années 60/70. Typiquement illustré par le titre de la collection hiver 2015 « La Femme Enfant » de Jacquemus, le créateur de l’année 2014. Morphologie cachée sous du néoprène, formes exagérées rendant petite et mignonne la personne qui la porte. Qui dit femme enfant dit Twiggy, icône des années 60 avec son joli minois de petite fille trop maquillée. C’est aussi l’époque de la minijupe, mini-robe, et des formes droites, trapèzes, des femmes qui osent marcher à plat, et briser les codes du glamour pin-up années 50, adoptant une allure enfantine.

L’été 2014 aura fortement été agité par le port de la mini robe droite et de la basket, ligne quasiment identique à celle des sixties, ayant pour seul différence l’omniprésence du sportswear dans notre décennie qui ne fut popularisée que dès les années 70.

Et nous y venons, la tendance seventies se traduit dans notre décennie par un gout prononcé pour la musique disco et funk dans les clubs, et même l’organisation de soirées

« Roller Disco » qui ont déjà leurs habitués au Sucre (Lyon).

Le port de lunettes de vue style aviator, la frange, les franges, le daim, le pantalon patte d’éléphant, pour ne citer qu’eux. Si des marques comme Chloé font de cette décennie leur image de marque depuis déjà plusieurs années, d’autres comme Gucci, Roberto Cavalli ou Au Jour Le Jour, retranscrivent une forte inspiration seventies dans leur dernières collections, qui était peu présente, si ce n’est inexistante auparavant.

Mais alors, s’agit-il vraiment d’une inspiration des époques passées ou sommes-nous tout simplement arrivés à court d’innovation ?

Il est vrai que pour ce qui est du vestiaire classique : pantalon, jupe, chemise, robe, veste, (...) Pour le moment nous n’avons pas de troisième jambe ou de bras dans le dos, il est donc difficile de créer un vêtement sans être contraint de respecter une morphologie. De ce fait partir d’une base prédéfinie impose déjà certaines restrictions. Le mouvement et les membres du corps ajoutent à cela la nécessité de confort, l’aspect pratique lui aussi a poussé l’innovation vers le sportswear, et l’apparition de matières élastiques dans les années 70.

Resterait donc à expérimenter ces bases afin d’en faire quelque chose d’inouï, de jamais vu, quelque chose de… créatif. Si on part de l’idée que le corps n’est là que pour rendre le vêtement vivant on peut expérimenter des volumes plus créatifs, tel que ceux que l’on peut voir dans les défilés Comme Des Garçons ou Victor & Rolf. Mais attention, nous parlons ici de concept ! Pour être porté le vêtement doit être pratique et confortable, ce qui limite encore les possibilités d’inventions. Les contraintes liées à la création d’un vêtement sont nombreuses, et internet que vous pensez être l’ami de la création, serait seulement celui de l’inspiration. Car en faisant du partage d’informations notre quotidien, il est devenu difficile d’inventer quelque chose pour une raison simple, l’inspiration subconsciente.

Effrayant n’est-ce pas ?

L’explication serait peut-être cette dernière. Le surplus d’informations, d’images et d’idées auxquelles nous avons accès ne peut pas nous marquer certes, mais autorisé ou non, notre cerveau prépare dans son coin son moodboa

rd, et qui sait sans doute sa petite mixtape. Oui bon ça va, j’essaye d’illustrer un truc pas très drôle pour les artistes. En fait notre imagination et les fragments d’images stockées dans notre tête forment un cocktail que nous pensons nous être propre, mais qui en vérité n’est bien souvent, et nous parlerons ici du travail de styliste, qu’un mélange d’éléments vintage, déjà vu, à d’autres éléments nous étant propres. Si pour beaucoup nous avons fait le tour en création de mode féminine, il n’en est rien pour l’homme. La féminisation et l’audace de la mode masculine de ces dernière années me fait penser que nous sommes sur une belle lancée. Bruce Pask, directeur de la mode homme de Bergdorf Goodman, parle d’’émancipation du consommateur masculin. Ainsi que de l’appropriation des codes réservés au vestiaire féminin (tel que l’ornementation, le strass ou la broderie) dans le vestiaire masculin. Messieurs il ne vous reste plus qu’à Oser !


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