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  • Cerbere

KARL MADE ME DO IT


Hier en allant me coucher sous la déferlante de messages, tweets et autres documentaires sur l’héritage de Karl Lagerfeld, je me demandais comment approcher l’idée, traiter le retour sur l’icone sans faire de biographie, revenir sur sa vie comme ils font tous quand des icônes meurent.

Parallèle se faisant, j’écoutais donc ses mots dans Rondo Parisiano son duo avec le groupe Something à La Mode quand il parle du fait que la mode et la musique sont identiques en posant une question ouverte “qu’est ce que vous pensez de l’époque Baroque si il n’avait pas la musique Baroque”?

Que serait Chanel sans Karl ? que serait la mode et l’air du temps sans Karl?

Karl Lagarfeld x Choupette

Question qu’on ne se pose jamais car il y’a certains personnages dont la présence nous semble éternelle, on imagine pas ou très peu leur absence

C’est à ce moment là que j’ai réalisé qu’après la mort d’Azzedine Alaia, ou encore Alexander Mcqueen, des comme Karl, on en aura plus. D’un coup cela sonnait comme la fin d’un cycle, d’une génération.

Les vieux créatifs s’en vont tous, laissant place à une nouvelle créativité qui est à l’antithèse de ce qui a fait leurs succès. Une créativité mêlée au fait d'être vu, d'être hype et se contenter d’utiliser la même recette pour s’assurer le succès. Le tout en oubliant de se différencier, sortir du box

Tu vois, c’est bien ça le problème. Quand je parle de créativité, je ne te parle pas d’aller en école de mode, de communication, design et justifier de ton expertise via la validation d’un diplôme. Je te parle d’avoir cela au fond de toi et d’y croire tellement jusqu’à finir par y arriver : aller à la St Martins comme Mc Queen pour avoir la reconnaissance d’une profession à propos d’un talent qui dépasse déjà les frontières, débarquer de Tunis sans papiers ni un sous en poche, survivre la xénophobie, la pauvreté et finir par devenir qui on était déjà au fond de soi comme Azzedine Alaïa.

Ou encore croire en sa vision contre vents et marrées et surmonter l’insurmontable jusqu’à ce que celle-ci prenne vie. Passer d’une boutique à une centaine dans le monde. Dépoussiérer un héritage, le faire traverser les frontières tout en restant fidèle à qui on est.

Combien de créatifs, combien de stylistes sont fidèles à eux mêmes aujourd’hui?

Si il y’a une chose qui me fascinait chez ce grand monsieur c’est son aptitude à apprécier la solitude, sans la prendre comme un manquement sociale ce qui est aux antipodes de l’industrie qui l’a intronisé. Comme quoi la force du talent et du créatif c’est aussi se recueillir et comprendre que savoir être seul c’est une force. J’admirais aussi le fait que ce soit un homme curieux et qui dormait très peu : Il voulait être au courant de tout, être sur tous les fronts comme-çi il rejouait sans cesse tout son jeu de cartes, un esprit “on tente le tout pour le tout rien à perdre” D’ailleurs un question dans les documentaires que j’ai regardé revenait souvent “ n'êtes vous pas fatigué ?” Et bien non on peut tous répondre à sa place car on a déjà tous eu ce petit truc en nous qui nous pousse tellement qu’on en rêve la nuit et oublier de dormir la nuit. Si on rêve tous de la vie à laquelle on aspire, l’impact que nous souhaitons laisser via notre passage ici bas, alors oui on n’est jamais fatigué. On veut se réinventer comprendre ou ça a faussé et reprendre la broderie. On veut s’inspirer, avoir milles et un projets, Être Tellement heureux qu’on partage son bonheur, ses connaissances, faire 23 collections par an, et penser en faire encore plus.

Photographe, Fendi, Auteur, Musicien, Mélomane mais aussi Mentor d’une nouvelle génération qui ne sais même plus se soutenir elle même.

En effet combien de tes amis collègues, croient en toi et te soutiennent dans tes rêves les plus fous ? Combien d’entres nous peuvent être Ines De La Fressange et se dire “mon pote a un sacré talent je vais tout quitter et être sa muse, son acolyte et l’aider à construire un empire”? “Le rendre heureux et être moi même heureuse de le rendre heureux par la même occasion”? C’est peut être un peu extrême car nous n'avons pas tous des noms à particules, on doit certainement payer nos factures aussi. Mais l'image y est.

Est-il encore possible aujourd'hui de venir de Allemagne profonde, de Afrique ou d’ailleurs avec pour seul bagage ses rêves et son ambition et réussir en France sans s’attirer le mauvais oeil, la convoitise ? Avoir une obsession positive sans qu’elle ne soit jugé ou réduite à néant ? Combien d’entres nous mettent encore la créativité, le talent, les compétences au centre de l’évolution artistique et culturelle?

Chanel s’en sortira, de manière indépendante et forte comme toujours. Ils réussiront à panser ses blessures sa perte. Mais des comme Karl, des pionniers, altruistes, poseurs de pavés pour les autres à leurs manières, des grands monsieurs directs sincères à la créativité non influencée cependant débordante, Je ne suis plus sur qu’il y’en aura.

Certes c’est à Virginie Viard que revient la responsabilité artistique de Chanel mais c’est aussi à nous, nouvelle génération que revient l’énorme possibilité et la responsabilité de briser les codes, sortir des sentiers battus, s’entraider, rêver et d’avoir cela aux tripes. Voir en Grand. Ensemble.


CREDITS Racked

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